• Aubert WINSSINGUES … un ange est passé sur l’autodrome

    Aubert WINSSINGUES

    Il est d’une adresse diabolique, adresse qu’il a pris l’habitude de peaufiner en défiant les lois de l’équilibre au fil des rails de tramway de l’agglomération Lilloise …. Dans son terroir nordiste, et même en Belgique, la réputation de ce Roubaisien souple et racé n’est plus à faire … Il est bon routier, pistard émérite, cyclo - crossman supérieur.

     

    Dès l’ hiver 1931, il intrigue les observateurs parisiens, en remportant le championnat de France Interclubs de cyclo-cross sur le circuit cyclo-pédestre de l’autodrome. Il  n’est donc plus tout à fait un inconnu pour le public parisien lorsque le 7  février 1932, il étrille le gratin européen du cyclo-cross lors du Critérium International cyclo – pédestre. A cette occasion, il chavire les foules   et les chroniqueurs parisiens en étant le seul à franchir le redoutable  « Trou du Diable » à bicyclette. L’image restera à la postérité. 

     

    Quinze jours plus tard, il  réussit sur le circuit de l’autodrome, entre le virage du Gendarme et le raccordement de Bailleau un nouveau hold - up sur le championnat de France Interclubs, avec ses camarades des Halles Sportives Lilloises. Une autre quinzaine de jours plus tard, Aubert WINSSINGUES pousse dans ses derniers retranchements le superman de la spécialité,

    «  Le crocodile » Camille FOUCAUX, dans un homérique championnat de France disputé en Forêt de FONTAINEBLEAU.

     

    Oui, en cette année 1932, Aubert WINSSINGUES est entré « dans la cour des grands ». Il va d’ailleurs étalonner et monnayer son talent sur épreuves nationales sur route et au gré des contrats sur piste auxquels sa renommée grandissante l’amène à prétendre.

     

    Le dimanche 29 Mai 1932, il n’est pas dans sa meilleure forme pour disputer le « Grand Prix des Comingmen » à MARCQ EN BAREUIL, une épreuve derrière motocyclette. Sur l’anneau du Croisé - Laroche, les manches se succèdent en carrousel vrombissant de cuir et d’acier. On tourne à quatre vingt kilomètres à l’heure, et davantage, dans le sillage des motos. Voici la dernière manche. Aubert WINSSINGUES, l’enfant du pays,  se doit d’aller chercher la victoire pour son public. Il reste dix tours à accomplir. Allez, il faut se faire à nouveau violence … Hurler à l’entraîneur à moto de monter en tours dans l’infernal tourniquet … Et malgré la lassitude, assurer le spectacle, en bon ouvrier.  Pour cela, il faut accélérer, à s’en bouiller la vue, pour arriver à la hauteur de MARCHETTA et BONNEY au coude – à – coude .  Soudain,   BONNEY  part en zig - zag,  après que la  formidable détonation d’un boyau qui éclate ait retenti. Il percute  MARCHETTA,   les entraîneurs à motos  chutant à leur tour …  Vite, Aubert WINSSINGUES doit, en une fraction de seconde, trouver le trou de souris à travers lequel il pourra s’infiltrer et éviter ainsi l’horrible choc. Il reste  un tout petit passage, en haut du virage … Mais  étroit …  Si étroit … A près de quatre vingt kilomètres à l’heure, Aubert WINSSINGUES   percute, dans un vacarme épouvantable, la balustrade du virage …   

     

    Il est emmené à l’hôpital de LILLE Saint Sauveur. Il y arrive dans un état pitoyable : fractures du crâne et de l’épaule. Double Fracture de la mâchoire.  Aubert WINSSINGUES s’éteindra le mardi 31 Mai 1932.

     

    Il n’enchantera plus de ses prouesses le circuit cyclo-pédestre de l’autodrome.

     

     A vingt - six ans, il laisse  un veuve, un orphelin, et un cyclisme nordiste en deuil.

     

     

    Les palmarès des championnats de cyclo-cross

    disputés sur l’autodrome depuis sa création  dans

    «  L’épopée du cyclisme sur l’autodrome de Linas – Montlhéry »


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